samedi 21 février 2009

N'ia de Ronds

TROIS CRIS EN UN

Peinture que j'ai réalisé après écoute du cri lancé par Oscar:http://www.jamendo.com/fr/album/39476
et qu'il décide de choisir pour la réalisation de la jaquette de son album.
Et après écoute de ce même cri la voix a rédigé ces mots:

... le cri ... celui de la mère ...
... juste avant celui de l'enfant qui sort de son ventre ...
... le cri celui de l'amer ... de ce monde ainsi qu'on éventre ...
... celui de l'enfant toujours .... qui souffre et qui a faim ...
... celui de l'enfant toujours ... qui meurt sous les bombes ...
... le cri de celui que la mine déchire ...
... de ses mains arrachées ...
... de ses jambes mutilées ...
... de ses yeux ... à jamais éteints . ...
... le cri de ces guerres imbéciles ... .
... le cri de nos ignorances ...
... le cri de nos mépris ...
... le cri de tant d'indifférence....
... le cri de ses milliers de corps qui dans la nuit mouillée se cherchent et se mélangent ...
... fantômes à l'agonie qui mendient d'être aimer ...
... le cri de la jouissance aussi ... sur le dos d'une femme soumise....
... elle a à peine quinze ans ...
... et pour quelques billets ... voici qu'elle s'abandonne ...
... qu'elle s'oublie ... qu'elle s'ignore ...
... qu'elle délave son âme ...
... de ses yeux ... plus qu'un cri ... ruissellent sa honte et sa peine ...
... que lui a-t-on donné pour apprendre à s'aimer ?...
... idem l'enfant violé ..
... qui à dix ans reçoit de son père ..
... .la semence frustrée de toute une civilisation ...
... idem la femme hurlante sous les brûlures infâmes ....
... d'un homme imbibé par d'alcooliques errances ...
... idem la mort qui s'incruste jusqu'en l'acte d'amour ...
... c'était un soir de bringue ... il disait qu'il l'aimait ...
... qu'il la protégerais ...
... mais il ne l'a pas fait ... ...
... idem les corps meurtris ... rongés chaque jour ... virus en plein coeur ...
... h-i-v ... cancer ...pognon ... même combat ...
... condamnés dans l'oubli ...dans une chambre froide ...
... lits d'hôpital ...tombes au cimetière ... quelle est la différence ? ...
... alignés sont les cris de tant de douleur ...
... comme le sont les soldats ...
...sous leurs petites croix blanches ...

... alors plus qu'un cri ...... celui d'un peuple qui gronde ...
... alors plus qu'un cri ... celui de la révolte ...
... celui de ces jeunes adolescents ...
... qui demain panseront les plaies ....
... de cette terre assassinée ...
... et comme d'un talc éparpillé ...
... à jamais ...les couvriront de nos cendres ...
... alors plus que la colère....
... le cri qui demain ....
... fera s'éteindre la haine ...
... celui qui ce jour ne peut plus attendre ...
... celui que ta voix nous porte et nous donne ...
... ... nos cris d'amour ! ... en un seul réunis ...
... notre seul espoir ...
... notre unique chance ...
... Oscar .... ce cri s'agrippe à mon silence ...
... Oscar .... ce cri ...
... nous le crierons ensemble ...
... haut et fort s'il le faut ...
... hauts et forts nous irons voir les anges ...
.. les démons et les dieux ...
... ensemble nous crèveront le ciel ...
... et du sang de notre colère ...
... nous y taguerons nos passions ...
... et tant pis ...... ...
... tant pis pour l'âme égarée...
... dans son illusoire certitude...
... tant pis pour celui qui préfère ne pas entendre ...
... puisqu'entendre pour lui ...
... c'est entendre son propre mépris ..
... sa propre ignorance aussi ....
.... et nous ... de tant de force acquise ...
... par tous ces corps couchés ...
... par cette innocence bafouée ...
... et nous ... de tant de force acquise ...
.. par ces vies arrachées ...
.. seront capables encore ....
.. de l'aimer d'avantage ....
... bien plus qu'il ne puisse ...
... lui-même nous aimer...
... et nous ... de tant de force acquise ...
... visages ouverts ....
... sourire aux lèvres ...
... inondés de lumière....
... nous avons su depuis toujours ...
... nous avons su ...
... qu'il est temps de s'aimer.....
... et nous savons bien plus encore ...
... qu'il est déjà demain ...


Texte écrit par daisylis après son passage sur mon blog:


...On m'a enterrée vivante...
puis petit à petit, reprenant mes esprits,
durant cette longue nuit, combien de temps
s'est écoulé ? Qu'importe, je respire...
Ma bouche a émis un dernier jet de sang et de boue.
Je respire enfin à l'air libre, libre de cette longue agonie
qui n'a pas abouti, Dieu merci.
A nouveau, je peux entendre et reconnaître des bruits
familiers, des sons d'antan, et...de la musique...toutes
les musiques de la vie.
Mon corps, la peau à vif, et les nerfs à fleur de peau
se réveille, se révèle enfin. Enfin je peux entendre mon
propre cri, celui de l'enfant avorté, dont la vie a rempli
les poumons pour ne plus faire que chanter, chanter un
hymne à la vie, pour dire merci d'être en vie...

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